L’Organisation Internationale des Intersexes poursuit les objectifs suivants:

  • Information  et sensibilisation du grand public, des médias, des milieux de défense des droits humains, des secteurs médicaux, sociaux et juridiques à la réalité naturelle de l'intersexualité et de l’intergenre

  • Soutien et conseils aux parents d'enfants intersexué-e-s et intergenres, aux personnes intergenres et intersexué-es, aux partenaires et à l’entourage

  • Mise en question du bien-fondé des traitements chirurgicaux et hormonaux précoces

  • Défense des droits des personnes intergenres et intersexué-e-s et particulièrement du droit à l’autodétermination de l’identité de sexe et de genre

  • Echange d’idées et de perspectives sur l’intersexualité, l’intergenre et le continuum physique et psychique féminin-masculin

  • Promotion du respect de la diversité et des différences de genre et de sexe

L’OII dispose de personnes compétentes dans différents domaines de l’intersexuation (hyperplasie congénitale des surrénales, intergenre, hypospadia, syndrome de Turner, de Klinefelter, d’insensibilité aux androgènes, …), d’un psychologue et de personnes ressources formées à l’écoute et à l’accompagnement de transition et de « passages », ainsi qu’à l’animation de groupes de parole.

Pour nous contacter, obtenir des informations, parler de votre vécu,…
pour nous apporter votre aide, votre soutien …

Contacts pour OII Europe:
Francophone:
Belgique:
Tanguy Pinxteren
Mail: tanguy.pinxteren@skynet.be

France:
Camille Lamarre:
Mail: clam30@hotmail.fr


Anglophone:
Michelle O'Brien
E-mail:  mishmichster@gmail.com

Hispanophone:
Silvia García Dauder 
Correo: dauder26@yahoo.es
















Organisation Internationale des Intersexes

OII - Europe

L’un des grands mythes de notre culture veut que tous les enfants puissent être identifié-e-s à la naissance en tant que « mâle » ou « femelle » (sexe biologique), qu’i-elles grandissent tous et toutes en faisant preuve d’un comportement « féminin » ou « masculin » (identité sexuelle publique », qu’i-elles vivent en tant que « femme » ou « homme » (rôle social) et qu’i-elles marient une femme ou un homme (orientation affective hétérosexuelle) ; mais la réalité est toute autre.

La société est de plus en plus consciente de l’existence de personnes dont l’identité de sexe et de genre diffère des normes sociales admises. L’émergence de cette réalité va de pair avec la connaissance des difficultés auxquelles ces personnes doivent faire face : traumatismes physiques et psychologiques (suite notamment à des traitements médicaux dans l’enfance), difficultés dans le milieu familial et social, discrimination à l’école et pendant les études, sur le lieu de travail, harcèlement, violence, refus d’accès à certains services, risque de suicide plus élevé, de toxicomanie et de pauvreté,…

Intersexe / intersexuation / intersexualité ?

Les termes « intersexuation » ou « intersexualité » renvoient à certaines variations du développement génital dit « normal » :

  • Une personne disposant d’un génotype (chromosomes) mâle (XY) pourra avoir, à la naissance, des organes génitaux qui ne sont pas complètement masculinisés. Très étendues, les variations morphologiques et anatomiques peuvent aller jusqu’à des organes génitaux qui ne sont pas du tout masculinisés.

  • Une personne disposant d’un génotype femelle (XX) pourra naître avec des organes génitaux qui ne sont pas complètement féminisés. Etendues également,  les variations peuvent faire apparaître des organes génitaux d’apparence masculine.

Ces variations congénitales se retrouvent le plus souvent classifiées dans le cadre des « malformations » ou « anomalies » génitales ; des « désordres » du développement sexuel, des « maladies » face auxquelles la médecine propose divers traitements regroupés dans le domaine de la chirurgie et de l’endocrinologie.
La plupart des personnes intersexué-e-s et intergenres ne sont pas et ne se considèrent pas comme « malades ».

En d’autres mots, la classification binaire «mâle/femelle», «homme/femme » est trop réductrice et les variations bien plus vastes que l’on ne le pense
Etre intersexe est une autre possibilité existentielle.

L’intersexe ne concerne pas que le corps, mais aussi la façon dont nous nous percevons à l’intérieur de ce corps.

Intergenre ?

Certaines personnes, qu’elles soient de sexe intermédiaire ou pas ou apparemment pas, ne trouvent pas leur place dans le système classique binaire « homme/femme ». Elles se situent quelque part sur le continuum dont à une extrémité se trouvent les êtres humains féminins et à l’autre, les êtres humains masculins. 

Une personne intersexe peut se déterminer homme ou femme. Un homme ou une femme peut se sentir quelque part entre les deux, se sentir l’un et l’autre en même temps ou ne pas trouver de place ce qui revient à ne pas avoir de genre.

L’identité de genre étant une part cruciale de l’identité des personnes, il est primordial que chacun-e ait le droit à l’autodétermination et puisse choisir de se trouver à l’une ou l’autre extrémité ou quelque part sur le continuum.

Les causes

L’étiologie des diverses conditions rassemblées sous le nom d’intersexualité varie suivant que l’on s’intéresse à l’une ou à l’autre. Néanmoins, les causes sous-tendant les dysfonctionnements du développement uro-génital peuvent renvoyer à des facteurs :

  • Génétiques : par exemple, anormalités chromosomiques (45 XO  -> Syndrome de Turner), (47XXY -> syndrome de Klinefelter), dysgénésies des gonades (une seule des deux gonades fonctionne).

  • Hormonaux : par exemple production d’hormones mâles par les glandes surrénales (-> hyperplasie congénitale des surrénales) ; déficits dans la biosynthèse des androgènes (-> cryptorchidie, hypospadias) ; déficits dans l’action des androgènes (-> syndrome d’insensibilité aux androgènes ; déficit en DHT).

  • Environnementaux : par exemple, agents chimiques contenant des propriétés œstrogéniques ou anti-androgéniques (voir les expériences animales effectuées à ce propos).

























































































Témoignage de Camille Lamarre


"Je n'ai eu aucune expertise psychologique durant mon enfance et adolescence, malgré mes 2 opérations (3 ans et demi,  et 14 ans), ce que je regrette énormément car si on m'avait dit à 14 ans ce qu'on voulait me faire, et les contraintes après le traitement, je pense que j'aurai refusé l'opération, que j'ai très mal vécue(féminisation forcée alors que je n'avais aucune attirance pour les garçons).

De ma propre initiative , j'ai consulté un psychiatre (homme) que m'avait indiqué mon endocrinologue.  J' ai fait alors 2 ans de psychothérapie traditionnelle, dans le but de "devenir une femme lesbienne". Mais cette expérience, que j'ai interrompue de ma propre initiative, m'a déstabilisée pendant une bonne dizaine d'années, car elle ne me correspondait pas intimement. Je me suis rendu compte bien après que j'avais fait fausse route en voulant "devenir une femme", même lesbienne, et que ma vérité ne se situait pas du coté féminin , mais d'avantage du coté masculin, ou sinon dans l'indéterminé, inter-sexe, inter-genre, conséquence des opérations subies et d'une éducation forcée dans le genre féminin.

Je conseillerais donc aux psychothérapeutes d'avoir une extrême tolérance et une absence de dogmatisme de genre dans la prise en charge des intersexué-es, pour permettre à chacun de trouver sa propre voie/voix (way/voice) et surtout pour les amener à mieux s'accepter et s'aimer tels qu'ils sont, en dehors des schémas binaires, différents mais semblables aux autres humains".


Professionnel de santé mentale


Tom Reucher
Mail: reucher.tom@free.fr
Téléphone: 01 40 12 49 84

Homme d'origine FtM, psychologue clinicien, co-fondateur de l'/Association du Syndrome de Benjamin/
(1994), co-fondateur de l'/ExisTrans/, la marche des trans’ et de ceux qui les soutiennent (1997), co-
fondateur de la première émission trans', /Bistouri oui-oui/, sur Radio Libertaire FM 89.4 Mhz (2003),
membre de /Sans Contrefaçon/.

J'ai mis dix ans pour sortir de la honte, dix ans pour accepter d'être pleinement qui je suis, dix ans pour ne plus me considérer comme un malade, un “anormal”. Non, je ne suis ni fou, ni idiot, ni malade, je suis un être humain tout simplement.

Mon parcours thérapeutique et ma formation universitaire m'ont amené à remettre en cause les pratiques médicales et à comprendre ce qui était efficace et inefficace pour les “transsexes” (transsexuelLEs). J'ai aussi rencontré des transgenres et échangé avec elles et eux. Il y a beaucoup de points communs. Je parle maintenant de transidentité et de personnes trans' pour transsexes et transgenres.

M'occupant de personnes trans', j'ai eu l'occasion de constater qu'un nombre non négligeable d'entre elles étaient en réalité des personnes intersexuées non-diagnostiquées et traitées comme des personnes trans', ou qu'il s'agissait de personnes opérées dans leur enfance et qui, de ce fait, avaient été transsexuées et demandaient à retrouver leur sexe initial. J'ai aussi constaté qu'il était beaucoup plus difficile aux personnes intersexuées de prendre de la distance avec l'influence du corps médical et de ses normes en vigueur car les personnes n'avaient connu que cela depuis leur plus jeune âge. Il est donc beaucoup plus facile pour les personnes trans' de s'interroger sur bien fondé des traitements médicaux et chirurgicaux afin de faire correspondre les anatomies à seulement 2 sexes et, aussi, de s'interroger sur les “normes” de genre et sur les variations des identités et des sexualités. L'entraide des groupes trans' et intersexes est fondamentale afin de défendre nos identités, nos anatomies et nos sexualités, même si elles ne correspondent pas à la majorité (hommes, femmes, hétérosexualité, masculinité, féminité). Bien que différentes, les opérations génitales des trans' comme celles des intersexuéEs ne soient pas parfaites et ne font pas de nous des humains comme les autres. Les minorités n'ont pas forcément tort, elles ne sont pas anormales, elles sont juste différentes. Nous ne devons pas avoir honte des nos différences. Elever la majorité en tant que “norme” est une erreur que beaucoup de personnes commettent.

C'est pour toutes ces raisons que dès 1994, j'ai essayé d'encourager l'émergence d'un groupe d'auto support mais sans grand succès je dois le dire. Quand j'ai connu l'OII, le premier groupe militant francophone, j'ai lu des textes intéressants. J'ai un site personnel assez visité et j'ai fait des liens sur les articles du site de l'OII afin de mieux faire connaître votre spécificité. Il y a un dossier spécifique à l'intersexuation_. Chaque fois que je participe à des débats, des émissions TV, je parle des personnes trans' et intersexes. On peut trouver les textes de mes conférences sur mon site dans le dossier _Textes » Textes divers, conférences_. Mes interventions publiques sont recensées dans le dossier _Accueil » Activités professionnelles_.

En tant que psychologue, je peux apporter ma contribution en aidant les parents d'enfants intersexuéEs, les enfants eux-mêmes, à l'entourage social (école, milieu sportif...), en apportant des informations chaque fois que c'est possible à des publics non spécifiquement concernés. Je travaille avec Vincent Guillot chaque fois que c'est nécessaire. Je suis en lien avec Curtis, et je suis attentif à vos besoins spécifiques qui, pour une partie, sont différents de ceux des personnes trans'.

Tom Reucher, psychologue clinicien
mail: reucher.tom@free.fr - téléphone: 01 40 12 49 84.
Transidentité:
http://syndromedebenjamin.free.fr/ (mon site perso)
Bistouri oui-oui:
http://bistouriouioui.free.fr/ (émission de radio mensuelle)
Sans Contrefaçon:
http://www.sans-contrefacon.com (association trans')
Existrans:
http://syndromedebenjamin.free.fr  «Actualité » ExisTrans


OII = Diversité + Communauté


Cher(e)s membres,

Je suis en train de mettre à  jour l'annuaire de l'OII.  Je voudrais partager avec vous toute la richesse au sein de notre organisation.  J'espère que dans les années à venir, nous pourrons être un phare rayonnant d'espoir pour l'humanité qui est actuellement déchirée par les divisions ethniques, la bipolarisation des sexes et la propagande sexiste.

En tant que membres de la communauté intersexe/intergenre/queer, c'est mon espoir que nous pourrons aider les autres à  comprendre la profonde blessure de notre communauté imposée par la normalisation des sexes, genres et désirs et en même temps, j'espère que nous pourrons travailler ensemble afin de faciliter un rapprochement entre différentes communautés où notre humanité sera le point central de tout activisme.  

Nous devons continuer à résister à l'effacement tout en réclamant le droit à notre dignité humaine. Ensemble, nous pouvons créer un meilleur monde - un monde qui renferme toute notre famille humaine.  Comme le nom de notre site soeur (A Kindred Spirit) indique, nous sommes toutes des ÂMES SOEURS.

A Kindred Spirit et OII ont des membres avec les conditions d'intersexuation suivantes:

Alpha-reductase 5
Syndrome d'insensibilité aux androgènes
Né(e) sans gonades
Hyperplasie congénitale des surrénales
DES (Distilbène)
Transsexualisme
Syndrome de Turner
XXY

Nous avons des membres qui ont rejeté le sexe attribué à  la naissance, des membres qui s'identifient dans le binaire et hors du binaire.  Nous avons beaucoup de membres qui vivent en femme et qui vivent en homme.

Nous avons des membres des continents suivants: Asie, Australie, Europe, Amérique du Nord et du Sud.

Nous avons des membres qui parlent les langues suivantes: allemand, anglais, espagnol, français et suédois.

Nous incluons les communautés qui ont beaucoup de chevauchement avec la communauté intersexe: Hijras, Féministes queers et Two-Spirits.

Nous incluons des personnes de plusieurs religions et celles qui rejettent toutes les religions: athées, agnostiques, chrétiens, hindous, juifs, et traditions amérindiennes.

Nous avons des membres de plusieurs orientations sexuelles:
Asexuelle,
Homosexuelle,                                                                                                                         
Hétérosexuelle,
Bisexuelle,
Tout simplement attirée par d'autres personnes
Qui refuse tout catégorisation de leur désir

Nous avons des membres qui ont plusieurs identités de genres différentes:
Femme
Homme
Intergenre
Queer
Two-Spirit
Hijra
Tout simplement un individu humain

Nous avons des membres pour qui leur intersexuation est une condition et d'autres pour qui c'est leur identité et aussi des membres pour qui c'est les deux en même temps.

Maintenant, vous pouvez comprendre un peu à  quel point un petit groupe comme OII inclut tant de diversité.  J'ai beaucoup d'admiration et de gratitude pour vous tous.  Chacun(e) d'entre vous est une lumière resplendissante dans mon coeur, un petit phare de chaleur humaine et de solidarité.

Travaillons ensembles pour mettre fin à la normalisation tout en "embrassant" la richesse de notre diversité et ce que nous partageons avec toute l'humanité.

Je vous prie d'accepter ma plus profonde gratitude et mon affection la plus sincère,
Curtis

Édith Nagant,  Porte-parole francophone sur les questions intergenres
Français
English    
Européen-ne et libre-penseur-e.

De formation très éclectique, scientifique, littéraire, linguistique, avec de la psychologie, de la pédagogie, de la philosophie un peu de droit et de neurobiologie, des formations diverses, notamment à l’aide aux personnes, en soins palliatifs, en approche de la spiritualité …, Edith travaille à temps plein dans l’associatif.

Milite pour le respect de la vie et contre la peine de mort, activiste dans les milieux de défense de l’environnement  et de protection de la nature, activiste pour la paix et la non-violence, pour le respect des libertés et des différences,  pour le respect des droits humains, en particulier pour le respect des droits des enfants et des personnes de sexe féminin et d’apparence féminine. Quand il le faut, combat les discriminations, …

Edith a collaboré à la création, à la gestion et aux activités de comités d’éthique, d’associations de défense des droits des personnes, de soins palliatifs, d’accompagnement de personnes endeuillées, de soutien aux personnes homosexuelles, transsexuelles, intersexuées et intergenre …

Porte-parole de l’OII pour la Belgique et le Luxembourg, représentant-e du RIFE (Réseau des Intersexué-e-s francophones d’Europe) pour la Belgique et le Luxembourg, administrateur-e du Réseau Intergenre-Intersexe.

Edith Nagant
Réseau InterGenre-InterSexe
http://www.intersexualite.org/F-Intergenre.html
European and a free thinker.

A very eclectic background in science, literature, linguistics along with psychology and education and philosophy.  A little law and neurobiology – different training in particular in social care, in palliative care, and spirituality…, Edith works full-time as a group organizer for social action.

Campaigns in favor of respecting life and against the death penalty, activist in favor of protecting the environment, activist in favor of peace and non-violence, for the respect of individual liberty and difference, for the respect of human rights, especially the respect of the rights of children and people who are female or have a feminine appearance.

When necessary, fights discrimination, …

Edith has collaborated in the creation, management and activities of ethics committees of associations for protecting individual rights, palliative care, of self-help groups for those in mourning and of organizations for lesbian, gay, trans, intersex and intergender people.

Spokesperson of OII for Belgium and Luxemburg, representative of RIFE (FINE = Francophone Intersex Network of Europe) and administrator for the Intergender-Intersex Network.

Edith Nagant
Réseau InterGenre-InterSexe
http://www.intersexualite.org/F-Intergenre.html

CharlieCamilleEdithVincentMichelleLucie
Le Racisme, le Sexisme et l’Homophobie dans le Commentaire d'Alice Dreger sur la Controverse Bailey : Une analyse féministe

Curtis E. Hinkle
Fondateur de l’OII,
(Anciennes fonctions)
Président* de l’Organisation Nationale pour la Femme (SC)
Président* du comité sur les Questions Lesbiennes de l’Organisation Nationale pour la femme (National Organization for Women) http://www.now.org/

Michelle O'Brien
Chercheure en Sciences Sociales, Roehampton University.


Le contexte :

J. Michel Bailey est un psychologue américain connu pour son travail dans le domaine de la biologie sur l'orientation sexuelle et pour avoir écrit un article publié dans une revue juridique qui revendique le droit des parents d’avorter les enfants homosexuels (une fois que le dépistage in utero sera possible). En 2003, il a écrit un livre intitulé The Man Who Would Be Queen: The Science of Gender-Bending and Transsexualism. C’est un livre qui traite de l’homosexualité et la transsexualité. L'aspect le plus controversé du livre est sa division de toutes les transsexuelles (homme vers femme – mais pour lui elles sont toujours des hommes) en deux catégories basées sur l’orientation sexuelle et pas l'identité de genre. L’autogynéphilie est défini comme une paraphilie (un fétiche sexuel) associée à la masturbation. Les transsexuelles autogynéphiles sont excitées sexuellement par l’idée d’avoir un corps de femme et parfois par la féminisation chirurgicale (espèce de paraphilie ou désir d’amputation d’un membre. C’est la propension à être sexuellement attirée par la pensée de l'image de soi-même comme femme. Les transsexuelles « homosexuelles », la deuxième catégorie, est un groupe d’hommes « gays » qui, selon Bailey, sont beaucoup plus « mignons » que les autogynéphiles. Ce groupe change de sexe parce qu’elles sont aux mœurs légères et veulent coucher avec beaucoup d’hommes hétérosexuels.

En 2003, les critiques du livre de Bailey l’ont accusé de négligence professionnelle et d’abus de sujets de recherche. Par la suite, l’Université Northwestern, où Bailey est professeur, a fait sa propre enquête interne qui n'a jamais été rendue publique. Alice Dreger, une professeure à la même université qui a fait l'enquête a récemment écrit un article sur cette controverse qui sera publié dans la revue Archives of Sexual Development. Dreger conclut dans son article que Bailey fut la victime de harcèlement et d’intimidation par ses critiques qui voulaient ruiner sa carrière. Les critiques du livre prétendent que Bailey a diffamé la communauté transsexuelle et les femmes dont il parle dans son livre prétendent que Bailey les a dupées afin d’obtenir des informations privées sur leur vie sexuelle qu’il a publiées sans leur consentement. La plupart des femmes rejettent avec véhémence le diagnostic de Bailey qui les catégorise toutes comme ou autogynéphiles ou transsexuelles homosexuelles.

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Après la lecture de l’article d'Alice Dreger sur la controverse Bailey, certaines d'entre nous ont été étonnées qu’une féministe (Alice Dreger veut faire croire qu’elle l’est) répète le même discours raciste, misogyne, hétérosexiste, et masturbatoire d’un homme anglo-saxon.

Les descriptions continuelles dans le livre de Bailey d’un groupe de femmes transsexuelles presque exclusivement composé de femmes hispaniques comme des prostituées nous apparaissent racistes, aussi bien que la répétition de ces descriptions par Alice Dreger dans son article; ces descriptions nous ont appris beaucoup plus sur Bailey et Dreger que sur les femmes hispaniques dont ils parlaient. C'est inquiétant que ce petit échantillon de transsexuelles « homosexuelles » de Bailey soit presque exclusivement des femmes hispaniques. La caractérisation de ces femmes hispaniques comme "particulièrement bien adaptées pour la prostitution" (1) nous étonne car c’est évident que c’est une interprétation raciste des données de recherche de Bailey; et Dreger donne l’impression d’approuver cette interprétation dans son article car elle ne fait jamais allusion au privilège que Bailey exerçait sur ce groupe de femmes très vulnérables et pauvres qui avaient besoin de son aide professionnel afin d’avoir accès aux traitements médicaux pour continuer leurs parcours de transition.

Les femmes hispaniques aux Etats-Unis se trouvent dans une situation beaucoup plus pénible que la plupart des femmes américaines. Cela nous semble invraisemblable qu’une historienne « féministe » néglige toutes ces questions économiques, sociales et de privilège dans son analyse de cette controverse et c’est une injustice grave aux femmes hispaniques.

Un autre problème passé sous silence par Alice Dreger est la sexualisation de sujets de recherche par le chercheur. Elle mentionne cela mais on a l’impression que c’est tout à fait acceptable qu’un chercheur parle de son excitation sexuelle pour ces sujets de recherche dans un livre destiné au grand public et elle ne parle pas des règles de conduite en vigueur aux Etats-Unis qui interdit un tel comportement vis-à-vis des sujets de recherche.

« Je ne sais pas comment dire ce que je veux dire avec plus de sensibilité. Donc, je ne vais pas y aller par quatre chemins. La plupart des transsexuelles « homosexuelles » sont beaucoup plus jolies que les transsexuelles autogynéphiles. » (Bailey, 2003, p.180).

Bailey réaffirme cette opinion quand il parle de sa propre excitation sexuelle pour une des femmes hispaniques qui est une transsexuelle « homosexuelle » :

« C’est impossible de ne pas regarder Kim de deux perspectives : en tant que chercheur mais aussi en tant qu’homme célibataire hétérosexuel. (ibid, p. 141).

Après nous lisons :

« Quand [Kim] est entrée dans mon laboratoire, ma première impression a été reconfirmée. Elle était stupéfiante. (Ensuite mon propre assistant, aussi hétérosexuel, m’a dit qu’il voudrait bien avoir des rapports sexuels avec elle, en sachant bien qu’elle avait toujours un pénis.) » (Dreger, 2007, p.19)

La caractérisation des transsexuelles « homosexuelles » (dans ce cas presque exclusivement des femmes hispaniques) comme «particulièrement bien adaptées pour la prostitution» (Bailey, 2003, p.185) est justifiée à cause de leur nature masculine homosexuelle immorale.

Par la suite, Bailey cite une des femmes qui se demande si cette forme de transsexualité n’est pas génétique (2) chez les hispaniques. C’est Bailey qui lui avait demandé pourquoi il y a tant de transsexuelles « homosexuelles » hispaniques (il oublie de mentionner qu’il drague ses sujets de recherches dans les bars gays situés dans les quartiers mexicains »). Évidemment cette femme n’est pas spécialiste en génétique et ne prétend pas savoir pourquoi il y en a tant. Cependant quand on lui demande pourquoi il a choisi de mettre cette citation dans son livre quand il a refusé de mettre toute autre idée qui n’était pas en accord avec ses propres idées, il a dit que ce n’est pas lui qui a dit cela mais la femme hispanique elle-même. Il avait connu ces femmes pendant très longtemps et avait une documentation copieuse et il a choisi spécifiquement cette citation tout en refusant de laisser les sujets de recherche changer quoi que ce soit dans son livre et il y avait plusieurs femmes qui étaient scandalisées par ce qu’il a écrit car ce n’était pas ce qu’elles avaient pensé ou dit en parlant de ses propres expériences.

Plusieurs critiques ont soutenu que les conclusions de Bailey révèlent une attitude raciste de sa part car son échantillon de femmes presque exclusivement hispaniques est si petit et il ne prend pas en compte leur pauvreté et la discrimination endémique contre les hispaniques aux Etats-Unis avant de conclure que ces femmes sont « particulièrement bien adaptées pour la prostitution ». Sa réponse : « ce sont les critiques qui sont intolérants. Qu’est-ce qu’ils ont contre la prostitution? » Ainsi, ce n’est pas lui qui a des préjugés. Non, ce sont les critiques de son « recherche » qui sont intolérants.

Bailey semble croire que les prostituées font ce métier parce qu’elles jouissent des rapports sexuels avec leurs clients. C’est une idée fausse commune et beaucoup d’hommes croient que c’est vrai, surtout ceux qui fréquentent les prostituées mais cela nous surprend qu’un chercheur en sciences sociales accepte une telle idée fausse. La plupart des femmes qui sont prostituées font ce métier pour mettre du pain sur la table, pour survivre. C’est un métier, pas une question de plaisir et c’est un métier très dur et dangereux. Et Dreger ne semble pas comprendre cela non plus. Encore une fois, selon elle, cela semble naturel.

Ce qui nous préoccupe le plus dans l’analyse de Dreger et de Bailey, c’est qu’ils prennent pour acquis que parmi ces transsexuelles «homosexuelles» que ce comportement stéréotypique d’un homme gay est quelque chose d’inné (pour eux les transsexuelles restent toujours des hommes) et dans ce cas que c’est quelque chose d’inné chez les hispaniques. C’est clairement homophobe et raciste.

Cette analyse de la controverse Bailey est raciste, homophobe et sexiste.

Si Alice Dreger est vraiment une féministe, pourquoi n’a-t-elle pas pris en compte les questions suivantes dans son analyse de cette affaire :

1. Pourquoi, avec peu d’exceptions, Bailey n’a-t-il choisi que des sujets de recherche hispaniques et pourquoi un si petit nombre ?
2. Avec un groupe qui ne peut pas être représentatif, comment Bailey peut-il arriver à la conclusion que toutes les transsexuelles «homosexuelles » sont « particulièrement bien adaptés pour la prostitution » ?
3. Pourquoi un psychologue professionnel ose-t-il exprimer ouvertement son excitation sexuelle pour un sujet de recherche dans un livre destiné au grand public et aussi celle de son assistant hétérosexuel ?
4. Comment peut-on passer sous silence le pouvoir professionnel et économique que Bailey avait sur ces femmes hispaniques qui se sentaient piégées en tant que sujets de recherche afin d’avoir accès aux traitements médicaux. Elles n’ont jamais été d’accord avec ses idées et elles n’ont jamais donné leur consentement à la divulgation de tous leurs fantasmes masturbatoires, expériences avec les clients, etc. Selon Dreger, Bailey était généreux (il a écrit une lettre officielle pour elles qui leur permettait d’entamer leur transition, c’est tout). C’est lui qui était victime selon elle quand ces femmes hispaniques ont dénoncé Bailey.

D'une perspective féministe, cette analyse de la controverse Bailey n’est pas du tout impartiale à notre avis. Dreger est professeure dans la même université que Bailey. L’université refuse de parler des résultats de son enquête interne et Dreger défend un homme qui a exploité un groupe de femmes hispaniques vulnérables et très pauvres qu’ils traitent de putains et elle conclut que c’est Bailey qui est la victime dans cette affaire. Nous ne sommes pas d’accord.

Notes :

(1) In referring to a group comprised almost exclusively of Latina women:

“In this sense, homosexual transsexuals might be especially well suited to
prostitution.” From, Bailey, The Man Who Would Be Queen, p.185

“As for shoplifting, homosexual transsexuals are not especially well suited as much as especially motivated.” From, Bailey, The Man Who Would Be Queen, p.185

(2) “Alma has also noticed, as I have, the large number of Latina transsexuals. In Chicago, there are several bars that cater to Latina transsexuals. About 60 percent of the homosexual transsexuals and drag queens we studied were Latina or black. The proportion of nonwhite subjects in our studies of ordinary gay men is typically only about 20 percent. Alma says she thinks that Hispanic people might have more transsexual genes than other ethnic groups do. Another transsexual, remarking on the same phenomenon, attributed it to ethnic gender roles: ‘My culture is very macho and intolerant of female behavior in men. It is easier just to become a woman.’” From, Bailey, The Man Who Would Be Queen, pp.183-184

Pour en savoir plus :

Queer Science:An 'elite' cadre of scientists and journalists tries to turn back the clock on sex, gender and race
By Heidi Beirich and Bob Moser
http://www.splcenter.org/intel/intelreport/article.jsp?sid=96

Human Biodiversity Discussion Group (HBDG): A discussion group of the Human Biodiversity Institute (HBI)
Steve Sailer, Founder and President
http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TS/BaileyAssociates/HumanBiodiversityGroup.htm#anchor590845

Northwestern prof's book under scrutiny
http://mesh.medill.northwestern.edu/mnschicago/archives/2003/11/northwestern_pr.html

Northwestern U. Psychologist Is Accused of Having Sex With Research Subject By ROBIN WILSON
http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TS/Bailey/The%20Chronicle%20of%20Higher%20Education%2012-12-03.html

Homosexual eugenics article written by Bailey
http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TS/Bailey/Greenberg-Bailey/Homosexual%20Eugenics.pdf

Bailey is a Liar: abuse of an intersex research subject
http://www.intersexualite.org/Dreger_Eugenics.html#anchor_17

Références :

Bailey, J. M., 2003, ‘The Man Who Would Be Queen’

Dreger, A. D., 2007, ‘The Controversy Surrounding Bailey’s ‘The Man Who Would Be Queen’.

Cet article est disponible en anglais sur :
http://www.intersexualite.org/Dreger_Eugenics.html#anchor_31

Organisation Internationale des Intersexes
Notre Mission

  • Militer en faveur des droits humains pour les intersexes.  
  • Faciliter un échange d'idées et de perspectives différentes sur l'intersexualité entre groupes et personnes à travers le monde.  
  • Fournir une fenêtre ouverte au vécu des intersexes à ceux et celles qui font de la recherche dans les domaines des soins médicaux pour enfants intersexes, de psychologie, de sexologie, de sociologie et d'études féministes. 
  • Aider les familles et les ami-e-s des intersexes à comprendre l'intersexualité et de faire face aux problèmes spécifiques à leur rôle de personnes de soutien.

La France :




Orfeo est une association de loi 1901 destinée tout d'abord au soutien des personnes intersexuées et de leurs proches mais aussi à la diffusion d'informations sur ce sujet si mal connu qu'est l'intersexuation.

Arthur, fondateur et président
Ollie, co-fondateur et trésorier

Porte-parole de l'OII en Belgique : René Cabaret
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Contact pour la Belgique : Tanguy Pinxteren
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Co-fondateur de Genres Pluriels