Organisation Internationale des Intersexes

Pour les parents et leurs enfants

A toutes les mamans: Cliquez ici
Notre Mission

Militer en faveur des droits humains pour les intersexué-e-s.  
Faciliter un échange d'idées et de perspectives différentes sur l'intersexualité entre groupes et personnes à travers le monde.  
Fournir une fenêtre ouverte au vécu des intersexué-e-s à ceux et celles qui font de la recherche dans les domaines des soins médicaux pour enfants né-e-s avec des organes sexuels atypiques, de psychologie, de sexologie, de sociologie et d'études féministes. 
Aider les familles et les ami-e-s des intersexué-e-s à comprendre l'intersexualité et de faire face aux problèmes spécifiques à leur rôle de personnes de soutien.

Cette section donne la parole à deux mères, Louna et Clarisse, qui aiment leurs enfants et qui ont le courage de travailler avec l'OII pour sensibiliser le public sur cette problématique.



LOUNA

Bonjour à toutes et tous

Je suis heureuse de pouvoir par cette section vous apporter mon témoignage,

Je suis maman d’un enfant Intersexué, et heureuse et fière d’être sa maman

Je pense qu’il est important pour nous en tant que parents de pouvoir parler sans tabou de l’intersexualité de nos enfants, sans pour autant chercher à faire du sensationnel.

Malgré tout je respecte ces personnes qui veulent faire de leur intersexualité un « spectacle ».

Il en faut pour tout le monde, mais à condition que cela n’affecte pas les autres.

J’ai trouvé le site de l’OII et après avoir lu les positions officielles de l’association, j’ai commencé à dialoguer avec le fondateur de l’OII.  Ces positions m’ont aidé à mieux comprendre l’intersexuation de mon enfant et à prendre des décisions concernant les traitements de mon enfant parce que nous les parents, on doit parler au nom de nos enfants qui ne peuvent pas encore parler.

Maintenant nous voulons expliquer les positions officielles.

http://www.intersexualite.org/French-Index.html#anchor_501

"Nous militons contre toute intervention chirurgicale des enfants nés avec des organes génitaux atypiques qui ne soit pas nécessaire et nous militons pour le droit de chaque enfant de déterminer sa propre identité sexuelle une fois que l'enfant peut nous la communiquer et nous conseillons aux parents de respecter l'identité de leur enfant et de faire tout ce qui est nécessaire pour que l'enfant puisse vivre selon son choix."

Explication:  L'OII n'a jamais été contre toutes les interventions car on sait qu'il y a des interventions qui sont nécessaires et tout ce qu'on veut c'est que les médecins soient honnêtes avec les parents car ce sont eux qui doivent prendre ces décisions.  L'enfant ne PEUT pas car il ne peut pas parler et il ne comprendra pas.

Aussi, OII veut que les personnes concernées sachent qu'il y a plus d'enfant intersexués qui rejettent le sexe attribué à la naissance que d'autres enfants et nous voulons que les parents et médecins soient prêts à accepter cela.  Néanmoins, cela n'arrive pas dans la majorité des cas.

"Une fois que l'enfant nous a communiqué clairement son identité sexuelle, il est essentiel que son identité soit respectée et par les parents et par tous les médecins et thérapeutes qui soignent l'enfant.  On devrait  l'aider en lui donnant accès aux hormones à la puberté et aux autres soins médicaux nécessaires pour faciliter le choix d'identité sexuelle qui lui semble la plus appropriée à l'enfant."

Explication: l'OII est en faveur de tous les traitements qui RESPECTENT le désir de l'enfant de vivre dans le sexe qui LUI semble le plus approprié.  Depuis le début, l'OII n'a jamais été contre toute normalisation.  On veut que les personnes attendent pour savoir si l'enfant veut cela et que tout le monde aide les parents et l'enfant à comprendre l'implication d'un tel geste.

"Par conséquent, nous militons en faveur d'un changement du protocole médical en ce qui concerne l'intervention chirurgicale et contre le diagnostic de dysphorie de genre souvent nécessaire si une personne intersexuée n'est pas en accord avec le sexe qu'on lui a attribué. L'Organisation Internationale des Intersexué-e-s postule que le vrai sexe de l'enfant est déterminé par son propre vécu psychologique et d'autres facteurs importants.  Pour l'OII, toute imposition d'identité sexuelle sans le consentement de l'intersexué-e est une violation fondamentale des droits humains."

Explication:  On ne veut PAS que les spécialistes confondent la transsexualité avec l'intersexuation.  Donc, si un enfant intersexué refuse de vivre dans le sexe attribué, on ne veut pas que les spécialistes les pathologisent en leur disant qu'ils ont des maladies mentales et ce diagnostique - trouble de l'identité de genre est en effet considéré comme une maladie mentale.  (OII ne veut pas parler pour les transsexuel(le)s et dire que nous sommes contre ou pour ce diagnostique pour les personnes trans.  Cela est leur affaire à régler, pas la nôtre. Pour l'OII, ce n'est pas une maladie si un enfant rejette le sexe qu'on lui a attribué.)

La deuxième Position:
"La création d'une catégorie spécifique pour les intersexué-e-s risque de marginaliser encore plus une catégorie déjà mal comprise. Nous fondons nos arguments juridiques sur le droit de chaque personne de déterminer sa propre identité dans le système binaire actuel dans l'espoir de pouvoir éventuellement mettre fin au fait d'imposer un sexe juridique aux individus."

L'OII n'est PAS en faveur d'un troisième sexe.  On veut seulement que l'enfant ait le droit de déterminer celui qui lui convient le mieux.

Si l'enfant veux vivre en intersexe, nous voudrions que cela soit respecté aussi mais la loi ne respecte pas cette décision et cela n'est pas la faute des parents. Donc, sur le plan juridique, ce n'est pas une option pour les parents qui sont OBLIGÉS par la loi de choisir un sexe pour l'enfant. Ce ne sont pas les parents qui sont responsables des lois sexistes. Eux aussi sont victimes de ce sexisme entériné par la loi et souvent ils sont affolés par toutes ces questions.

Aujourd’hui avec beaucoup d’explications, j’ai pu comprendre ce qui arrivait à mon enfant.

Par les paroles de certaines personnes j’ai pu surtout accepter que mon enfant soit différent.  Nous sommes tous différents des uns des autres mais nous sommes tous des êtres humains.

Il est important pour nous parents d’être ouverts, à l’écoute, de nos enfants.

L’intersexualité est une disposition DE LA NATURE au même titre qu’être homme ou femme classiques.

Les personnes intersexuées devront se battre pour affirmer qu’elles sont des personnes à part entière dont la famille, les amis ne doivent pas avoir honte. Une personne intersexuée est un être humain comme les autres.

Mais elles devront aussi se battre pour défendre leurs droits à vivre dans cette société, selon leur choix du sexe qu’elles auront elles-mêmes choisi. Personne n’aura le droit de le faire à leur place. Ni les médecins, ni les parents.

Défendre ses droits, s’intégrer, voilà le parcours qui attendra mon enfant ! Je serais là pour l’aider, le soutenir.

Je n’ai pas honte de sa différence.

L’intersexualité existe : ne fermez pas vos yeux, n’enfermez pas ses enfants dans l’oubli.

La seule chose que nous voulons c’est le bonheur de notre enfant, et nous serons prêts à tout pour cela.

Louna, maman d’un enfant intersexué



CLARISSE

Bonjour à tous et toutes

Je suis une maman comblée d'un enfant intersexué et il me semble important de témoigner mes opinions sur l’intersexualité car tous les avis doivent être entendus.

Pour ma part je respecte tout le monde (tous les genres humains) mais je commence à en avoir assez qu’on véhicule toujours les mêmes informations sur les IS.

Je pense que chacun a un vécu, une histoire qui lui est personnelle avec des douleurs et des joies.

Il est difficile de témoigner car ce sujet reste mal compris et en tant que parents c’est une protection pour nos enfants.

Les médias véhiculent souvent une très mauvaise image des IS. Je respecte les gens qui s’exhibent et accentuent leur différence mais il faut également respecter les IS qui veulent vivre dans la norme (plus précisément leur norme). Beaucoup d’intersexués vivent en homme, en femme, ou les deux ou asexués. Alors j'aimerais qu’ils soient eux aussi entendus.  Ce qui m’indigne le plus c’est quand on accuse des parents de mutilations sans aucune justification ! Tous les médecins ne pratiquent pas ces opérations  et le milieu médical a beaucoup avancé. Je précise que je parle pour moi et mon enfant car chaque parcours est différent et je ne voudrais blesser personne. Les médecins sont très clairs avec nous et le bonheur de ma fille est très discuté.

Au niveau des organes génitaux tout ce qui est « trop » petit ou « trop » grand n’est pas forcément corrigée. Pour ma fille son clitoris est plus grand que la moyenne mais les médecins se sont toujours souciés de son plaisir et il n’a pas été amputé pour nous rendre notre enfant parfait ou hétéro (c’est souvent ce qui est dit dans les reportages). L’orientation sexuelle de ma fille, je m'en moque qu’elle soit lesbienne, bisexuelle ou autre. Je l’accepterais et je veux qu’elle se sente bien dans son corps avant tout. Les médecins ont bien insisté sur ce grand clitoris et nous étions d'accord pour le laisser ainsi pour son plaisir et sa vie future. Dès sa naissance le milieu médical nous a tout de suite parlé de sa différence. Ils ne nous ont rien caché et à aucun moment ils nous ont dit que notre enfant était anormal. Je suis une maman qui a été informée et orientée sans tabous ni secret. Je trouve cela un peu facile de rejeter la faute sur les médecins et les parents et surtout cela ne nous fait pas avancer.

Alors bien sur j'aurais aimé que notre société accepte nos enfants tels qu’ils sont mais ce n’est pas le cas.

C’est le travail des parents d’aider son enfant à se construire une identité et je suis totalement contre laisser un enfant sans identité, c’est criminelle !

Chaque enfant doit connaitre son histoire. Il doit la vivre et non la subir. Je pense qu’il faut expliquer sa différence avec des mots adaptés à son âge pour que l’enfant puisse s’accepter et s’épanouir.

Tout est possible du moment qu’il y a du dialogue, de la tolérance et surtout de l’amour. Je crois que les tabous, les mensonges et les secrets sont très violents pour les personnes intersexuées. Le plus important pour moi c’est que mon enfant se sente bien dans son corps et bien dans notre société.

Chaque individu devrait avoir le droit d’exister qu’ils soient homme, femme ou les deux ou asexué qu’ils soient IS ou pas.

Pour finir je dirais que je suis pleine d'espoir et que j'ai déjà rencontré des gens formidables IS ou pas.

J’ai beaucoup avancée même s’il me reste quelques questions et quelques doutes. Par contre ce que je suis sur c’est que je t’aime ma fille.

Clarisse






A TOUTES LES MAMANS…

Depuis quelques temps, il y a des mamans qui demandent ou cherchent des renseignements sur les « ambiguïtés sexuelles ». Ayant appris par le corps médical que leur enfant présentait cette « anomalie »

Clarisse et moi-même avons essayé de lier un contacte avec ces mamans, sans réponse à ce jour

Je sais qu’il est bien difficile de parler, pour avoir vécu la même situation, mais comment expliquer à ces mamans, que d’avoir pu être en contacte avec des personnes ayant la même différence que mon enfant ou encore avoir rencontré des personnes vivant avec leur enfant la même situation, m'ont vraiment aidé dans ce parcours parfois difficile.

Ces personnes ont été un soutien énorme, lors des étapes les plus douloureuses.

A l’annonce de la différence de mon enfant, on vous propulse dans un monde inconnu, et de ce fait l’inconnu fait peur.
Ce monde, nous n'en savons rien, existe depuis bien longtemps, mais personne ne veut en parler.
J’ai compris par mes recherches, qu’il ne faut surtout tout pas rester dans l’inconnu. Il faut demander des informations que ce soit auprès des médecins, des psychologues.

Ce n’est pas une maladie, même si parfois elle peut engendrer des problèmes de santé, qui ne sont pas insurmontables. L’intersexualité comme on appel cette différence, n’empêchera pas votre enfant d’évoluer, de grandir, de s’épanouir. La seule chose qu’il aura besoin c’est d’être compris et accepté avec cette différence.  Ne rester pas enfermé dans votre tristesse, dans votre peur. Avancez pour aider votre enfant, et si pour cela vous avez besoin de parler, nous sommes là simplement pour dire aujourd’hui que vous n’êtes plus seule.

J’espère que toutes ces mamans aurons la force de nous contacter, clarisse et moi.  Non ce n’est pas un canular, une blague de mauvais goût. Nous sommes simplement des mamans d’intersexués et fières d’être leurs mamans.

Bien à vous toutes
Louna
Pour nous contacter:

oii@intersexualite.org
VARIATION DE LA NORME, DU PHYSIQUE

Intersexualité
Ambiguïté sexuelle
Hermaphrodite
Pseudo Hermaphrodite
Trouble de développement sexuel

INTRODUCTION

Il n’y a pas de mot pour expliquer le ressenti des parents qui viennent d’apprendre que leur enfant est né avec une différence, que ce soit par la maladie, le physique, ou le mental. Chaque parent confronté à ces annonces ressent un grand vide, un énorme désespoir.

Depuis de très nombreuses années, des enfants naissent avec ce que les médecins appellent « un trouble du développement sexuel », mais les mots les plus souvent utilisés par le corps médicale sont : ambiguïté sexuelle, hermaphrodisme

Ces mots retentissent comme un écho, une incompréhension, une peur. Que veulent nous dire ces médecins, sur l’état de santé de notre enfant ?

Ambiguïté, est la propriété de mots, de termes ou de concepts à être indéfinis ou indéfinissables et donc d'être caractérisés par le fait de ne pas être très clairs,
Hermaphrodite, dans nos esprits, est un personnage de la mythologie grecque. Par extension, son nom a été utilisé pour désigner ce qui réunit les caractéristiques des deux sexes. Qui réunit les deux sexes ? Impossible, inimaginable. Comment peut-on nous dire que nos enfants sont nés avec les deux sexes. Difficile à comprendre.

Comment devons nous comprendre, nous simples mortels, la signification de ces mots ?

Etat de choc, incompréhension. Quand enfin les explications arrivent, nous, parents, n’arrivons pas à réaliser et surtout à comprendre les paroles des médecins. Nous sommes totalement démunis face à cette annonce.

Les mots aujourd’hui encore utilisés par le corps médical pour annoncer une variation qui affecte le système reproducteur de ces enfants est bouleversant, voire douloureux à entendre.

Les mots tels que « ambiguïté » donnent l’impression que le sexe de l’enfant sera un mystère. « Hermaphrodite », pourrait faire croire que l’enfant présente les deux sexes, « intersexualité » pourrait donner l’idée que l’enfant est entre deux sexes. « Désordre » ou « trouble » nous donne l'impression que le sexe de l'enfant  est une maladie qu'on doit traiter.

CHAPITRE 1 : Le choc de l’annonce

Après un accouchement, les parents vivent un moment merveilleux, et ce moment, on voudrait qu’il dure dans le temps. Mais voilà, quelque chose ne va pas avec votre enfant. Vous le voyez sur le visage des médecins, mais personne ne vous parle. Quand enfin on prendra le temps de vous parler, ce sera pour vous annoncer que votre enfant a un problème.

Les mots qui seront utilisés seront violents, incompréhensibles, choquants, car il n’y a pas de mot vrai pour expliquer. Quoique diront les médecins, votre esprit n’arrivera pas à suivre les paroles. Tout deviendra sombre, une douleur immense vous envahira.  Beaucoup de sentiments se mélangent entre incompréhension, tristesse, douleur, culpabilité et haine. Chaque parent devra surmonter plusieurs étapes difficiles et l’entourage de personnes sera vital pour le bien-être des parents et des enfants. Les médecins, les psychologues doivent pouvoir accompagner les parents et l’enfant dans ce parcours long et douloureux.

Tout ce qui concerne le développement génital et l’identité sexuée sont assez tabous ou inconnus, mais pas si rare contrairement à ce que l’on peut où veut faire croire. Il est important pour nous parents d’enfants nés intersexués de ne pas se sentir seuls, de pouvoir échanger, partager nos doutes, nos questions, nos peurs, nos joies, nos expériences, de ne pas se sentir à l’écart du monde. La communication est essentielle car le fait de ne pas être seul est très important pour l’enfant et son évolution.

Il faudra peut-être du temps pour vraiment comprendre cette situation. C'est extrêmement important que les parents aient accès aux spécialistes en psychologie pour gérer le choc.  Leur bien-être psychologique est ce qui compte le plus pour le futur développement de l'enfant.  Aider les parents en leur expliquant la différence de leur enfant, les aider à gérer l'inconnu et comment comprendre les vrais besoins de santé de leur enfant est essentielle pour l’évolution des enfants.

CHAPITRE 2 : Compréhension et information

L’étape la plus douloureuse peut-être est celle de la compréhension.  Comprendre cette variation, comprendre les suites, comprendre votre enfant, sa vie, sa santé… Mais comment comprendre qu’on se trouve dans un monde totalement inconnu ?  C’est là, que les parents ne doivent pas rester seuls face à leurs questions, leurs doutes. Plus on les aidera en les informant, plus ils auront une chance de comprendre et d’accepter.

L’information est nécessaire. Il faut expliquer clairement aux parents que leur enfant est né avec une différence, ne pas se porter que sur le sexe de l’enfant, mais aussi sur sa santé. Il faut informer aussi les parents que certaines formes d’intersexualité peuvent engendrer des problèmes de santé plus ou moins grave. Les préparer dans ces étapes difficiles est vital pour le bien-être de l’enfant.

CHAPITRE 3 : Acceptation

L'acceptation est une étape très difficile pour les parents. Si les parents ne sont pas aidés, cela risque d'avoir une répercussion sur l'enfant, qui plus est, pourrait être néfaste pour l'avenir de l'enfant.
Cette une période longue, où vous pourrez vous sentir seul, perdu. C’est un monde qui reste inconnu. Malgré les explications des professionnels, vous n’aurez pas de mot, d’image, pour expliquer votre ressenti. Vous rechercherez à savoir pourquoi, pourquoi votre enfant est-il né ainsi, pourquoi votre famille est-elle touchée, mais parfois ces questions resteront sans réponses.

Certaines variations ne sont pas génétiques. Certaines variations ne seront jamais expliquées.

Pour nos enfants nous pourrions donner notre vie. Alors pour nos enfants nous devons accepter. Accepter qu’ils soient différents, accepter que leurs corps soient différents, mais surtout les accepter tels qu’ils sont.

CHAPITRE 4 : L’amour n’est pas ambigu

N’oubliez jamais qu’il soit intersexué ou pas, il est avant tout votre enfant. Il aura besoin de vous, de votre aide, de votre soutien.  Pour l’aider dans son avenir, il faut comprendre que l’intersexualité ne l’empêchera pas de vivre et de profiter de sa vie. N’oubliez jamais que c’est votre enfant qui saura ce qu’il est vraiment. Quoique vous ayez choisi pour lui, ce choix ne sera peut-être pas le sien.  Personne ne pourra choisir pour votre enfant. Seul lui connaîtra son corps. Seul lui pourra vous dire ce qu’il est.

Comprendre que cette différence ne l’empêchera pas d'être  « homme » ou « femme » comme tout le monde et d'avoir une vie heureuse et de vivre en bonne santé.  Si les parents comprennent cela, c'est déjà l'étape la plus importante car pour l'enfant cela lui apportera beaucoup de confiance en lui et il comprendra que ces parents ont accepté sa différence.
Malgré le fait que d’autres croient à tort que le sexe de notre enfant n’est pas clair, nous savons que l’enfant se prononcera clairement sur le sexe qui lui convient le mieux si on lui donne le temps.  Nous devons aider l’enfant à développer son identité sexuée et notre amour qui n’est pas ambigu nous permettra de voir aussi clairement que l’enfant lui-même que son sexe n’est pas un trouble, n’est pas ambigu.
L’Organisation Internationale des Intersexes a une section pour les parents : http://www.intersexualite.org/Parents.html

CHAPITRE 5 : Choix – ou construction de l’identité

Lorsqu'il vient au monde, l'enfant est immédiatement identifié en fonction de son sexe. Mais lorsque ce n'est pas facile d'identifier l'enfant comme fille ou garçon, médecins et chirurgiens font leur possible afin de rendre le sexe de l'enfant conforme à la logique binaire qui nous fait croire à tort que tout le monde est de sexe féminin ou de sexe masculin. Le monde médical fait tout ce qui est possible pour dissimuler l'intersexualité et le problème de l'attribution sexuelle forcée à l'opinion publique.

Il est facile de croire que les intersexués sont des erreurs de la Nature mais l'erreur c'est notre aveuglement.  Nous refusons de voir la réalité naturelle et la grande variété de sexes possibles qui s'échelonnent sur un spectre de façon graduelle où l'un chevauche imperceptiblement l'autre. De ce fait, la médecine contribue à freiner le processus d'intégration sociale des enfants.

L'intersexualité ne concerne pas que le corps des personnes mais aussi la façon dont elles se perçoivent à l'intérieur. L'identité de genre serait donc une part cruciale de l'identité de chacun. Cibler seulement le sexe biologique comme facteur d'identification d'une personne réduit celle-ci aux seuls aspects physiques de son corps tout en négligeant la propre perception qu'elle a de son corps et d'elle-même.  En tant que parent, il est important de comprendre que même si vous faites le choix du sexe de votre enfant, celui-ci ne sera peut-être pas celui de votre enfant. Cette responsabilité ne doit pas être imputée seulement aux parents. A-t-on vraiment le droit, nous, parents de prendre possession du corps de nos enfants ?

Est-il vraiment nécessaire que des opérations, parfois irréversibles, soient envisagées pour changer le sexe de votre enfant ?  Des questions encore des questions, mais celles-ci font parties intégrantes de votre enfant et de sa vie. C'est pourquoi, avant toute décision, il est nécessaire de comprendre ce qu'est l'intersexualité. Celle-ci ne rentre pas dans une catégorie de maladie, puisqu'elle n'est pas reconnue en tant que telle. Mais, l'intersexualité peut, et il est primordial de ne pas l'oublier, engendrer des problèmes plus au moins sérieux à votre enfant. Des opérations pourront être nécessaires pour la santé de votre enfant.

Changer le sexe de l'enfant ne prend pas en compte le choix de l'enfant.  C'est plutôt le choix des médecins qui comptent mais ils savent qu'on ne peut pas prédire l'identité sexuée de l'enfant.  Nous avons tous des « ambiguïtés », des différences mais nous sommes capables de voir ce que nous avons un commun – notre humanité.  Les médecins savent que tous les êtres humains ne sont pas homme ou femme.  C'est notre humanité qui devrait compter. C'est la chaleur humaine, notre capacité d'aimer les autres malgré nos différences qui est la contribution merveilleuse que nous, les parents, offrons au monde. Notre amour pour nos enfants est un don qui aidera l'humanité à accepter la diversité et l'évolution sociale vers un monde plus juste et tolérant.

Donner la possibilité à votre enfant d’être heureux, n’inclut pas automatiquement une intervention chirurgicale.  Les médecins se doivent d’être honnêtes avec les parents. C’est aux parents que l’on demandera de faire ce choix. Alors avant tout le corps médical devra de son côté expliquer et informer les parents des conséquences de ces interventions.

Ne pas opérer ne veut pas dire ne pas éduquer son enfant dans un sexe. Tout enfant a besoin d’avoir une identité sexuée pour évoluer, grandir. Cette identité vous pouvez lui apporter sans pour autant pratiquer une intervention de « correction ». Son éducation vous lui donnerez en rapport à ce que vous ressentez au fond de vous, garçon ou fille, chacun aura besoin de s’identifier. Identité sexuée, c’est l’identité que l’on nous a fait suivre. Notre éducation aura été dans le sens de cette identité. Nous avons été éduqués en garçon ou en fille. Alors même un enfant intersexué aura besoin d’une identité sexuée pour évoluer mais surtout pour s’identifier.

Le but de l'OII est de travailler en faveur des droits humains pour les intersexué-e-s en aidant les gens à comprendre qu'il n'y a pas seulement deux sexes préexistants. Il y a une combinaison infinie de possibilités sur le spectre du sexe et du genre.

L’OII milite contre toute intervention chirurgicale des enfants nés avec des organes génitaux atypiques qui ne soit pas nécessaire et elle milite pour le droit de chaque enfant de déterminer sa propre identité sexuée une fois que l'enfant peut la communiquer et l’OII conseille aux parents de respecter l'identité de leur enfant et de faire tout ce qui est nécessaire pour que l'enfant puisse vivre selon son choix.

CHAPITRE 6 : l’Education

Comment doit-on éduquer un enfant intersexué ? Comme tous les autres enfants. Ne pas accentuer sa différence.

Les parents doivent comprendre le corps de leur enfant et laisser autant de choix pour son développement futur. Accepter les comportements qui ne sont pas typiques pour le sexe qui leur semble le plus approprié, mais il faut les aider dans leur développement sexuel. Tout le monde a une identité sociale – un rôle social. On ne peut pas élever un enfant en intersexe.

Le fait d'avoir un rôle social comme garçon ou fille n'empêchera pas l'enfant d'affirmer une identité intersexe une fois adulte. Il faut que les parents puissent bien comprendre la situation. L’identité de l’enfant se fera aussi par son éducation. Tout enfant à besoin de s’identifier, à un garçon ou à une fille, c’est l’éducation des parents qu’il l’aidera dans son évolution.

Les parents ne doivent pas se sentir responsable du choix de l’enfant. Chaque être est différent, par sa pensée, son développement, nous ne pouvons pas contrôler le cerveau de nos enfants. Malgré l’éducation que nous leur apporterons, nous devons aussi comprendre que l’enfant pourra être à l’inverse de l’identité choisie.

CHAPITRE 7 : « Comment le dire à votre enfant »

Il est important pour l’enfant de pouvoir comprendre lui aussi ce qui lui arrive pour son avenir. Ne pas lui cacher son intersexualité.  Votre enfant sentira aussi qu’il est différent, il voudra sûrement comprendre cette différence. Ne pas faire de son intersexualité un secret de famille.

Il se peut que l'enfant ne pose pas de questions où qu'il ne sache pas poser des questions car il n'a pas les mots pour les exprimer Ce qui est important, c'est de déterminer si l'enfant a des doutes sur son corps, et l’aider a en parler. L’aider dans ces interrogations est essentiel pour son avenir, ne pas devancer les questions, répond seulement à ceux que l'enfant se pose. Demander conseil auprès des spécialistes aux moments venus, mais ne pas se bloquer quant aux questions que l'enfant va poser.

Il pourrait arriver que les parents ne trouve pas de réponse, dire à l’enfant que vous n’avez tout simplement pas la réponse mais lui faire comprendre que vous allez vous renseigner auprès des spécialistes si cela est nécessaire, lui répondre avec des mots simples et lui dire aussi que votre enfant  peut lui aussi les poser auprès des spécialistes.

Ce livret a été réalisé pour les parents d’enfant intersexués, afin de les aider à mieux comprendre ce monde inconnu qu’est l’intersexualité, les aider à vivre avec la différence de leur enfant, pour mieux l’accepter.


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